Réunion à la Bibliothèque Royale, le 14 janvier 2017

Vergadering in de Koninklijke Bibliotheek, op 14 januari 2017

Présents : Mmes H. Taymans, L. Everaert, Gh. Moucharte, C. Arnould; MM. R. Waerzeggers, Chr. Flament, J.-M. Doyen, J. van Heesch, J. Laureys, R. Dillen, G. de Groulart, H. Dewit, Y. De Craemere, P. Pasmans, Chr. Lauwers, H. Vanhoudt, Ph. Sadin, P. Vanmarsenille, H. Van Caelenberghe, M. Wauthier, W. Geets, P. Petit, G. Testa

Excusés : Mmes Ch. Logie, A. Pourbaix-Van Haeperen ; MM. M. Gheerardijn, N. de Streel, P. Assenmaker, Fr. de Callataÿ, J. Richard, R. Renard.

Christophe Flament, « Une source d’argent, un trésor de la terre … » Les mines du Laurion et la fabrication des chouettes

Pour déterminer les raisons de frapper monnaie à Athènes et, surtout, à qui revenait la décision, il faut tenir compte d’un paramètre essentiel : la totalité, pour ainsi dire, des monnaies frappées par Athènes durant l’époque classique a été réalisée avec l’argent du Laurion. C’est donc en démêlant les relations unissant exploitation minière et production monétaire que l’on sera en mesure de déterminer les paramètres qui, à Athènes, dictaient le rythme et l’ampleur des frappes monétaires. Pour ne pas se perdre en considérations inutiles, il faut garder à l’esprit que la Cité, bien qu’elle détenait la propriété exclusive des gisements argentifères, ne les exploitait pas elle-même ; elle confiait cette tâche à des particuliers en échange de redevances. Dès lors, pour que les mines soient exploitées, le secteur minier devait être jugé rentable par les particuliers. Or, beaucoup des frais inhérents à l’activité minière peuvent être assez précisément estimés, nous permettant ainsi de fixer un seuil de rentabilité pour le secteur minier lauréotique à quelque 800 talents par an pour une période d’exploitation soutenue. La question qui se pose alors est la suivante : comment, avec le produit de leur industrie – c’est-à-dire l’argent extrait du minerai – les entrepreneurs réalisaient-ils les bénéfices qui leur permettaient de couvrir ces différents frais ? La thèse soutenue ici est que les entrepreneurs devaient avoir la possibilité de porter leur production à l’atelier monétaire pour la faire convertir en monnaies. La mise en parallèles de plusieurs documents épigraphiques (IG I3 1453, CD II n°75 notamment) laisse d’ailleurs entrevoir quelques modalités de cette conversion : une somme, manifestement calculée à la mine (=100 drachmes), leur était demandée pour couvrir les frais de fabrication. Plusieurs conséquences importantes pour l’histoire monétaire athénienne découlent de cette clarification des relations unissant l’exploitation minière à la production monétaire.
- Primo, le montant défini comme seuil de rentabilité annuel devrait également correspondre à l’estimation minimale des quantités d’argent produites au Laurion et, dès lors, aux quantités de monnaies frappées chaque année.
- Secundo, l’intensité de la production monétaire aurait été, à Athènes, principalement liée à celle de l’activité minière.
- Tertio – et plus fondamentalement –, l’initiative de battre monnaie reviendrait non pas à la Cité, mais aux particuliers – principalement les entrepreneurs miniers – pour les besoins de leurs activités.
- Enfin, il faudrait admettre alors que ce n’étaient pas les autorités de la Cité mais, une nouvelle fois, les entrepreneurs qui mettaient en circulation la majeure partie des pièces nouvellement frappées, principalement en s’acquittant des paiements liés aux différents frais qui leur incombaient. Publication prochaine dans les Mélanges de la Casa Vélasquez en 2017

Rudy Dillen, De munten van het Koninkrijk Commagene

In spite of the fact that Alexander never passed through, from ca. 330 BC on, the Attic standard was introduced in the region of Armenia, Sophene and Commagene. The Persian monetary system based on gold darics and silver sigloi was banned and made way for Greek-Seleukid golden staters, silver drachms en bronze chalkoi. For the kingdom of Commagene only bronze coins are known. Because of the subsequent political situations and therefore the fact that the Commagenian kings always had to take account of the higher political power of Seleukids, Armenians and Romans, they probably were allowed to produce only local bronze coinage for everyday use and as small change. In the late Hellenistic period, under its first kings, no large quantities were produced and trade was more based on barter. For larger payments for military purposes and international trade silver coinage of trading neighbouring states must have been readily available because of the great commercial activities on its territory. When the kingdom became more and more integrated in the Roman economic and political system, inasfar as the coins found in musea and private collections are representative of the initial situation, coin production and use under Antiochos IV and his family, increased by a factor 3.5. This can also be explained by the fact that in Hellenistic times coins were only produced in its capital Samosata, and at the instigation of Antiochos IV its territory was expanded with Cilicia Tracheia, where additional mints were available. Between 38-72 CE, bronze coinage for king Antiochus, queen Iotape, their sons Epiphanes and Callinicus and their grandson Philopappos was also produced at Lacanatis, Cietis, Anemurion, Kelenderis, Selinus, Elaiussa-Sebaste, Corycus and in Lycaonia. Coinage could also have been produced in nearby Antioch. The region of Cilicia was of great importance for military activities. Armies were stationed along the coast on the way to, and from, the eastern limes, so bronze currency (denominations) was needed to make trade possible with the visiting soldiers. When the Roman presence in the Hellenistic world became more strongly embedded, local coinage adapted to Roman expectations. Coinage of Antiochos IV and his family, still with Greek features, shows Roman characteristics and could easily circulate together with Roman coins.

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