Réunion tenue à la Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles le 15 février 2014

Vergadering in de Koninklijke Bibliotheek van België te Brussel op 15 februari 2014

 

Présents – Aanwezig: Mmes C. Arnould, L. Claes, Gh. Moucharte, Fr. Stroobants et H. Taymans et MM. P. Assenmaker, Fr. de Callataÿ, J.-M. Doyen, W. Geets, G. de Groulart, M. Greganti, G. Lejeune, H. Pottier, R. Renard, J. Richard, M. Rocour, A.-F. Schepers, E. Schutyser, G. Testa, J. van Heesch, R. Van Laere, R. Waerzeggers et I. Wolfs.

Excusés – Verontschuldigd : Mmes A. Pourbaix-Van Haeperen et Cl. Van Nerom et MM. N. de Streel, R. Dillen, Ch. Doyen, J. Elsen, M. Gheerardijn, Chr. Lauwers, N. Meunier, J. Moens, P. Pasmans, Ph. Sadin et F. Van Baelen.

Fran STROOBANTS, De bronsmuntslag te Sagalassos: een iconografische analyse

De Romeinse bronsmunten, geslagen te Sagalassos, getuigen van een zeer rijke iconografische variatie op de keerzijde. Deze lokale munten werden geslagen van de regering van Augustus tot die van Claudius II Gothicus, en zijn een uitdrukking van de polis-identiteit. Gedurende heel deze periode spelen zowel de belangrijkste stadsgoden (zoals Zeus, Apollo, Hermes en Tyche) als enkele lokale goden en helden (zoals Mên en Lacadaemon) een erg grote rol in de munticonografie. Zij kunnen dan ook gezien worden als de kern van de religieuze polis-identiteit, die gedurende de hele Romeinse periode standhield. Vanaf de tweede eeuw n.Chr. getuigen de munten van een grotere iconografische variatie, met afbeeldingen van talrijke goden als Dionysos, Pan, Hercules en Cybele. Dit komt overeen met de toenemende religieuze verscheidenheid in het hele Romeinse Rijk. Ook in de derde eeuw, wanneer de bronsmuntslag te Sagalassos zijn absolute hoogtepunt bereikt, neemt deze iconografische variatie nog toe. Opvallend is echter dat vanaf nu ook heel wat verwijzingen naar de Romeinse Staat op de munten verschijnen, zowel in de vorm van inscripties, als door thema’s die verwijzen naar Romeinse overwinningen (Nikè en adelaar), of naar de hulp die de stad biedt in de bevoorrading van het Romeinse leger via de annona (korenaar). Deze nieuwe elementen illustreren de belangrijke band die er vanaf nu zal bestaan tussen de stad Sagalassos en het Romeinse Rijk, omwille van haar logistieke en strategische belang in het derde-eeuwse militaire netwerk.

Gaetano TESTA, Les « gigliati » de Naples et de Provence

Dans le royaume angevin de Sicile (Naples), vers la fin du XIIIème siècle, le rapport or/argent a évolué de manière à déprécier la valeur de la monnaie d’argent. Deux facteurs y ont joué un rôle : d’une part, la perte de la Sicile en 1282 (révolte des Vêpres siciliennes), avec comme conséquence la fin du paiement du tribut en or des émirs de Tunisie, et, d’autre part, la copieuse production d’argent des mines de Longobucco en Calabre. Cela a engendré une situation de fortes turbulences monétaires que l’État angevin fut incapable de maitriser, notamment en raison des lourdes implications financières de la guerre de reconquête de la Sicile.

Ainsi, le traité signé à Caltabellotta en Sicile fin août 1302 – qui est en quelque sorte une conséquence de la bataille des éperons d’or à Courtrai le 11 juillet 1302[1]  – avait ouvert des perspectives de paix permettant d’affronter le problème de la stabilité monétaire. C’est dans ces conditions que le gouvernement angevin décide de réévaluer de 20 % sa monnaie d’argent en portant à 4 g le poids des anciens carlins d’argent (saluts au type de l’Annonciation), mais en modifiant complètement son type. Il s’agit du gigliato (carolenus liliatus) avec au D/ l’image du roi assis en majesté et au R/ la croix feuillue cantonnée de lys[2].

Cette monnaie est appelée à connaître une large diffusion. Frappée à Naples et en Provence (les deux piliers de la « diagonale angevine »), le gigliato a dominé – ensemble avec le ducat d’or vénitien – les marchés de la Méditerranée orientale (nombreux trésors). Son type immobilisé au nom du roi Robert d’Anjou (1309-1343) sera frappé encore pendant un siècle après la mort de ce roi. Cette caractéristique rend particulièrement périlleuses les tentatives de classement. Le conférencier a lancé une piste pour distinguer les émissions provençales de celles napolitaines en faisant appel à des détails iconographiques et épigraphiques. Il a aussi avancé une hypothèse afin de comprendre pourquoi, en 1372, le sénéchal de Provence, le diplomate napolitain Niccolo' Spinelli, a décidé que les gigliati provençaux seraient frappés avec la même légende que le gigliati napolitains, en remplacement de celle traditionnelle des comtes de Provence et Forcalquier[3].

 


 

[1]Dans les rangs des troupes angevines combattant en Sicile, il y avait nombre de chevaliers ayant leur racines dans le Nord et qui, suite aux événements de Flandre, ne pouvaient pas manquer de rejoindre leurs camps d’origine respectifs. Au premier plan, le chef des opérations militaires, Charles de Valois, frère du roi de France Philippe IV, avait œuvré pour conclure rapidement la paix. Rappelons, d’autre part, qu’également Philippe de Flandre, fils du comte Guy de Dampierre et grand seigneur féodal dans le royaume angevin de Naples, n’avait pu se retenir de rentrer dans son pays natal pour soutenir les chances de sa famille (v. Marc GHEERARDIJN, Filips van Chieti en Loreto, 2006, p. 14).

[2]Pour une lecture critique du symbolisme exprimé par le gigliato, voir Gaetano TESTA, Le type du gillat napolitain et son message politique, dans BCEN, 2006, pp. 191-205.

[3]Gaetano TESTA, I gigliati di Provenza, dans EOS III, Atti del 3° Congresso nazionale di numismatica, Bari 12-13 novembre 2010, La monetazione angioina nel regno di Napoli, Bari 2011, pp. 555-588.

 

 

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