Séance tenue au Palais de la Province à Namur, le 20 juin 2009

Vergadering in het Provinciaal Paleis te Namen, op 20 juni 2009

Première partie : Assemblée générale
Eerste deel : Algemene vergadering

 

Présents – Aanwezig : Dengis J.-L. (Président – Voorzitter), Moens J. (Secretaris – Secrétaire), van Heesch J. (Vice-Président – Ondervoorzitter), Taymans H. (Trésorier – Schatbewaarder), Schepers A.-Fr., Faes W., Roelandt C., Van Driessche V. (Mme), Pottier H., Moucharte Gh. (Mlle), Smolderen L., Verboven K., Schoonheyt J., Rocour M., Cornet G.-X., Waerzeggers R., Fossion A., Scheers S. (Mevr.) et Dewit H.

Excusés avec procuration – Verontschuldigd met volmacht : de Callataÿ F. (Vice-Président – Ondervoorzitter), Haeck A., Van Laere R., Vancraenbroeck M., Buchet A., Doyen J.-M., Thiry J.-Cl. en Meert Ch.

Excusé sans procuration – Verontschuldigd zonder volmacht : Toussaint J.

Le Président ouvre l’assemblée générale des membres titulaires à 10h, et souhaite la bienvenue à Namur.  Il constate que, le nombre de membres titulaires présents ou représentés avec procuration s’élevant à seulement 27, le quorum de 2/3 (soit 32 personnes) n’est pas atteint, et il ne pourra donc pas être procédé au vote sur la modification de statuts proposée (ce point sera repris à une assemblée générale extraordinaire qui sera tenue en octobre) ; en revanche, il sera possible de voter sur les autres points à l’ordre du jour (voir ci-après).

Le Secrétaire présente brièvement le procès-verbal de l’Assemblée Générale de mars ; deux décisions qui y avaient été prises ont déjà connu un début d’exécution : d’une part, la recherche d’économies a permis, après discussion avec l’imprimeur, de détecter des pistes permettant une réduction des frais d’impression de la RBN ; d’autre part, la numérisation de la RBN, pour laquelle l’AG avait approuvé un budget, est en cours, et à l’heure actuelle, environ 2/3 du travail à prester à été réalisé.

Le Président explique ensuite les raisons qui ont conduit à la démission de Mlle Moucharte comme vérificateur ; le Conseil d’Administration propose de la remplacer, pour terminer le mandat, par M. Rocour.  D’autre part, le repositionnement de la RBN sur la scène internationale justifie la création d’un poste de coordinateur, poste qui était de facto déjà rempli par Mlle Moucharte, et qui a donc été formalisé par le Conseil d’Administration, qui propose en outre, en exécution de l’article XVI des statuts, de nommer Mlle Moucharte comme administrateur.

Le Président et Mlle Moucharte présentent ensuite les nouveaux candidats de membre correspondant : d’une part, M. Graulich, spécialiste dans la numismatique chinoise, et d’autre part, Mlle Liard, qui prépare un mémoire sur les sources de métal argent dans la Grèce Antique.

Il est procédé au vote sur ces différentes nominations, qui sont toutes approuvées avec d’écrasantes majorités.

M. Fossion informe les membres de l’exposition sur les monnaies de Dinant qui se tient actuellement au Musée du Patromoine Médiéval Mosan à Bouvignes.

M. Smolderen fait circuler la nouvelle médaille en deux exécutions, l’une en bronze patiné, l’autre en bronze argenté; la première version a été retenue, et il sera offert aux membres titulaires la possibilité d’en acquérir un exemplaire gravé en leur nom au prix coûtant ; un formulaire à ce propos leur sera envoyé prochainement.

De secretaris doet een dringende oproep aan de Nederlandstalige leden voor voorstellen van spreekbeurten voor het komend seizoen oktober 2009-mei 2010.

Le Président clôt la séance à 10h40.

Seconde partie : Assemblée plénière
Tweede deel : Plenaire vergadering

Présents – Aanwezig : Voir ci-dessus ainsi que – Zie hierboven evenals : Schutyser E. (Dhr. + Mevr.), Sadin Ph. (M. + Mme), Vincent N. (Mme), Doyen Ch., Arnould C. (Mlle), Elsen J., Filippini A. (M. + Mme), Van Haeperen-Pourbaix A. (M. + Mme), Steyaert F. (Mlle), Liard F. (Mlle), Graulich Ph., Chanteux G., De Craemere Y., Assenmaker P. et Lakakis-Marchetti M. (Mme).

Excusés – Verontschuldigd : Voir ci-dessus ainsi que – Zie hierboven evenals : Gheerardijn M. en Decock A. (Dhr. + Mevr.).

Le Président ouvre la séance à 10h45, souhaite la bienvenue aux nouveaux participants, et communique les résultats des élections (voir assemblée générale).  Il présente ensuite la médaille de membre à M. A. Fossion.

Celui-ci demande d’abord d’excuser M. Toussaint, qui a joué un rôle important dans l’organisation de la journée, mais qui ne peut assister à la réunion à cause des obsèques de sa mère ce jour même.

Il rappelle ensuite l’histoire du Palais Provincial, qui était à l’origine le Palais des Evêques de Namur, et fut construit par Mgr. de Strickland ( 1740).

Il présente ensuite une conférence sur les techniques de la frappe de la monnaie depuis l’époque des Romains jusqu’au XVIIIe siècle.  Pour l’époque romaine, il subsiste plusieurs textes sur des sujets monétaires, y compris l’organisation des ateliers, mais aucun texte ne nous est parvenu sur les techniques utilisées pour frapper les pièces.  D’autres sources doivent donc être consultées, à commencer par les pièces elles-mêmes : en effet, l’axe des coins donne des indications sur la technique utilisée.  Cet axe varie fortement pour les pièces en or et en argent, mais est plutôt fixe (6h ou 12h) pour les pièces en bronze, ce qui semble indiquer que des techniques de frappe légèrement différentes furent utilisées.

Une deuxième source d’informations est formée par des coins monétaires retrouvés lors de fouilles archéologiques (par ex. à Liberchies); d’une manière générale, on a retrouvé, à travers l’Europe, une vingtaine de coins isolés (donc pas de paires droit/revers), à l’exception notamment d’une paire de coins de Julien II en forme de tenailles, mais dont l’authenticité est douteuse (il s’agit probablement de matériel d’un faussaire).  Notez que les coins sont d’abord en bronze (avec environ 15 à 35% d’étain); ils ont une forme qu’on pourrait qualifier de demi-œuf, et étaient probablement incrustés dans des marteaux en fer.  À partir du IIIe siècle, les coins sont fabriqués en fer. Le conférencier a fait reproduire des coins en bronze à l’identique et les a utilisés pour pouvoir déterminer le nombre de monnaies qu’on pouvait frapper par coin; il dépasse facilement le nombre de 2.500 pour les coins en bronze, et atteint même les 10.000 ex. pour un coin en fer qui reste encore d’une qualité acceptable.

Une troisième source est de nature iconographique, à commencer par quelques représentations sur des tesseres et des contorniates, étudiés par notre confrère J. van Heesch, et qui montrent que la fabrication nécessitait l’intervention de trois personnes : une personne qui exécute la frappe proprement dite, une deuxième qui tient le coin supérieur, et une troisième qui assure l’alimentation en flans.  D’autres représentations de ce type et/ou des ustensiles utilisées ont été retrouvées, notamment sur des reliefs funéraires.

Le conférencier traite ensuite la question de la frappe à chaud (c’est-à-dire avec des flans préchauffés) ou à froid.  De son avis, les bronzes romains ont été frappés à chaud ; il ne se prononce pas sur les frappes en or ou en argent, pour lesquelles il n’a pas encore pu procéder à suffisamment de tests.

Il parle aussi de la manière dont les flans étaient fabriqués.  On partait probablement soit de pastilles coulées dans des alvéoles, soit de bâtons coulés dans le sol, qui étaient ensuite coupés pour en faire des flans; cette méthode de fabrication semble attestée par les trouvailles faites dans une villa importante à Sarreinsming (ayant produit sous Tétricus I et II et Claude Gothique).  Certains auteurs qualifient cet atelier d’illégal, mais le conférencier pense qu’il s’agit d’un atelier accepté par les instances officielles, vu l’importance du site.

Les connaissances métallurgiques et plus précisément de la frappe, acquises par les Romains, semblent avoir été préservées sous les Mérovingiens et leurs successeurs, comme en témoignent plusieurs représentations iconographiques sur des monnaies, sur des chapiteaux des XIe et XIIe siècles, ou grâce à des coins retrouvés (par ex. ceux conservés au Musée d’Arras).

Le conférencier traite ensuite la technique de la gravure.  Les coins étaient certainement gravés en taille directe, à l’aide de burins; l’utilisation de poinçons est attestée à partir du VIIe siècle, aussi bien pour des caractères que pour des ornementations, voire même pour des portraits (évidemment très simplifiés).

À partir du XIVe siècle, les sources écrites et iconographiques deviennent plus abondantes, et il existe notamment des inventaires de l’outillage pour certains ateliers monétaires (notamment celui de Namur), qui constituent de précieuses sources d’informations.

Sous la Renaissance, la technologie de la frappe évolue en vue d’une mécanisation plus poussée, et on sait que, par ex. en Allemagne, des tests ont été faits avec des laminoirs qui permettaient de « presser » plusieurs pièces l’une à la suite de l’autre. Elles étaient ensuite découpées; les pièces fabriquées ainsi ont toujours une forme légèrement concave, et cette technologie n’a finalement pas été généralisée.  En revanche, l’introduction du balancier a été un succès, et cet équipement a remplacé partout la frappe au marteau.  Sous la Révolution française, on a expérimenté la frappe au mouton, en utilisant une technologie qui était basée sur les mêmes principes (simples) que la guillotine. Certains se demandent si cet équipement n’était déjà pas utilisé par les Romains.

Le président remercie le conférencier et fait remarquer que la qualité de la production de l’atelier de Hasselt s’est fortement améliorée en 1660, suite au remplacement de la frappe au marteau par un procédé mécanique.  Serait-ce grâce à l’utilisation du mouton, étant donné que cet atelier ne semble pas avoir disposé d’un balancier ?  Il confirme aussi l’existence de poinçons déjà pour le monnayage des Celtes, donc bien antérieure au VIIe siècle.

M. Pottier fait remarquer que l’atelier byzantin de Carthage n’utilisait pas de flans, mais des globules d’or pour la frappe des solidi.

Plusieurs membres s’engagent dans une discussion sur le métal utilisée pour des moules pour les pièces coulées (technique populaire chez les faussaires), et il s’avère que des moules en étain ont été utilisées pour la fabrication de méreaux en plomb.

Le président clôt la séance vers midi, et est honoré de pouvoir inviter M. D. Mathen, Gouverneur de la Province de Namur, à se joindre à l’assemblée; il lui remet le jeton de la SRNB en signe de reconnaissance pour l’accueil que le Gouverneur nous a réservé.  Celui-ci rappelle d’abord brièvement l’histoire du Palais Provincial, puis fait remarquer que lui-même fut, dans sa jeunesse, un collectionneur de monnaies.  Comme la SRNB semble avoir l’habitude de se réunir à Namur en moyenne tous les 17 ans, il invite déjà les membres à y revenir en 2026.

L’assemblée prend ensuite l’apéritif lors d’une réception qui lui est offerte par M. le Gouverneur.  Après celle-ci et après le repas, les membres se rendent au Musée des Arts Anciens du Namurois, où on leur présente d’abord les collections, puis offre la possibilité de s’exercer à la frappe au marteau et au balancier avec du matériel mis à disposition par M. Fossion.  Cette journée bien réussie se termine vers 17h.

 

 

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