MÉMOIRE  MÉTALLIQUE  DE  LA  SOCIÉTÉ  ROYALE  DE  NUMISMATIQUE  DE  BELGIQUE  ET  DE  SES  MEMBRES

(M. Colaert)

(texte publié dans la Revue belge de Numismatique et de Sigillographie en 1993)

 

 

Jeton de présence (1931)

 

 

Rares sont les associations numismatiques qui n’ont pas, à l’une ou l’autre occasion, laissé un témoignage métallique de leur activité. La Société Royale de Numismatique de Belgique ne fait certes pas exception. Bien au contraire, les médailles et les jetons créés à son initiative, à celle de ses membres ou en leur honneur sont particulièrement nombreux. Ils le furent surtout au cours des dernières décennies du XIXe siècle. Ces frappes se ralentirent sensiblement entre les deux guerres et davantage encore après la seconde.

Sauf certaines mentions, forcément succinctes et parfois erronées, dans le catalogue de l’exposition que, la Société organisa en 1966 à l’occasion de son 125e anniversaire, ces frappes n’ont pas fait à ce jour l’objet d’une étude d’ensemble. Le présent article souhaite combler cette lacune.

Les sources d’information sont diverses. La Revue Belge de Numismatique et de Sigillographie est une mine essentielle de renseignements, tantôt précis et détaillés, tantôt sommaires, parfois mentionnés, sinon dissimulés, dans un procès-verbal ou un article principalement consacré à un autre objet. Malgré l’attention avec laquelle nous avons examiné l’imposante collection des 139 volumes de la RBN, nous n’oserions pas garantir qu’aucune information utile ne nous a échappé. Les archives de la Société donnent des informations complémentaires parfois importantes. C’est aussi le cas des trois volumes des Médailles Historiques de Belgique, publiés d’ailleurs sous les auspices de la Société. D’autres publications ont été utilement consultées. Signalons enfin que le catalogue de la vente organisée à Maastricht le 13 avril 1989 par la firme A. G. van der Dussen répertoriait 150 médailles et jetons de numismates ou de sociétés numismatiques, dont un bon nombre d’origine belge.

L’examen des pièces mêmes était d’évidence la meilleure source d’information, mais nombre d’entre elles sont d’accès difficile. Les frappes ne furent jamais abondantes et certaines se limitèrent à quelques exemplaires très dispersés aujourd’hui.

La Société en possède un ensemble non négligeable dont l’examen s’imposait par priorité. Elle avait, au cours des 75 premières années de son existence, constitué une importante et riche collection de médailles, jetons, plaquettes, méreaux, à côté de nombreuses séries de monnaies de toutes époques. Tout porte à croire qu’on devait y trouver tout ce qui avait été frappé par elle ou à l’initiative de ses membres. Cette collection était déposée au Palais des Académies, dans une pièce mise par l’État à la disposition de la Société. Mais, en 1914, le Palais est affecté par l’occupant à un hôpital militaire et la collection pillée dans sa quasi-totalité. La Société semble avoir alors été prise de découragement et aucun effort ne fut fait pour constituer un nouvel ensemble. Occasionnellement, la RBN mentionne quelques dons.

En 1970, l’abbé Joseph De Potter (1885-1971), membre titulaire de la Société et président d’honneur de l’Alliance Européenne Numismatique, qui avait réuni une importante collection, fit part de son intention de léguer à la Société les médailles et jetons qui la concernaient. Ce fut l’origine d’un nouvel intérêt. La Société a renoncé certes au rêve de se constituer une nouvelle collection générale, mais elle s’attache à tout ce qui concerne son propre passé. L’assemblée générale réunie à Diest le 14 juin 1970 charge le trésorier de former une collection des jetons et des médailles de la Société. Au legs De Potter, se sont ajoutés depuis lors d’autres dons et on peut citer, parmi les donateurs. Mme Marie-Louise Dupont, Me Hubert Frère, MM. Marcel Hoc, Jean Jadot, Paul De Baeck, Michel Amandry et la Monnaie Royale de Belgique. Malgré son évident intérêt, cette collection reste loin d’être complète.

Le Cabinet des Médailles à Bruxelles possède un certain nombre de pièces qui sont absentes de la collection de la Société. Leur examen a été instructif. D’autres concours nous furent précieux.

Il subsiste cependant un nombre limité de pièces dont l’existence est attestée, mais dont nous n’avons pu rencontrer aucun exemplaire. Certaines toutefois ont été décrites avec précision et reproduites et nous nous sommes référé à ces informations chaque fois qu’elles apparaissaient fiables et complètes. Restent cependant diverses pièces dont la description est incomplète et l’illustration absente ou limitée à une des faces. Nous avons repris ce que nous avons trouvé à leur sujet en ajoutant la mention «non rencontré».

Parmi ceux qui liront notre article, certains possèdent peut-être l’une ou l’autre de ces pièces. S’ils voulaient bien nous en communiquer la description complète, accompagnée le cas échéant d’une photographie ou d’un frottis, nous leur en serions très reconnaissant. Nous remercions d’avance aussi ceux qui relèveraient une erreur ou une lacune.

La numismatique de la Société ne peut se limiter aux frappes dont elle a pris l’initiative ou qu’elle a cautionnées. Elle s’étend nécessairement à celles qui furent le fait de tiers, belges ou étrangers, personnes physiques ou morales, qui ont voulu lui rendre hommage ou garder le souvenir d’une réunion ou d’une activité.

Enfin, comme toute association, la Société Royale de Numismatique de Belgique n’a pu jouer de rôle qu’à travers ses membres, dont le souvenir est ainsi indissociable du sien. Son évocation posait cependant certains problèmes. Nous les exposerons plus loin en même temps que les solutions que nous avons cru devoir retenir.

FRAPPES  OFFICIELLES  À  FONCTION  PERMANENTE

MÉDAILLE  DE  MEMBRE

Les débuts de la Société sont entourés d’incertitudes, car aucun procès-verbal des décisions prises n’a été établi avant le 6 octobre 1844. On ne peut pas dire quel jour et en quel lieu la Société a été effectivement fondée. On sait seulement qu’elle le fut au plus tard le 4 juillet 1841. On ignore aussi quand fut prise la décision de créer une médaille de membre, appelée longtemps médaille-diplôme. Mais ce fut au plus tard le 28 novembre 1841, car une disposition statutaire, reprise d’un texte adopté ce jour-là, dit :

«Une médaille frappée à cet effet tiendra lieu de diplôme et sera délivrée aux membres effectifs».

Le choix du médailleur s’est porté sur Adrien Hippolyte Veyrat (1803-1883), qui fut sans doute un des plus habiles graveurs de son temps. «La médaille de la Société Royale de Numismatique de Belgique est et restera toujours considérée comme son chef-d’œuvre : étant donné sa nature, cette pièce ne pouvait être remarquable qu’à la seule condition d’être exécutée d’une manière impeccable dans le détail, ainsi qu’elle le fut» (Victor Tourneur, Catalogue des médailles du Royaume de Belgique, I (1830-1847), Bruxelles, 1911, p. LI).

On pourrait être tenté de déduire de l’article XI des premiers statuts, que la médaille était réservée aux membres effectifs. En réalité, elle était aussi envoyée aux membres honoraires, comme nous l’apprend le procès-verbal de la séance du 9 août 1846 :

« L’assemblée nomme membre honoraire de la Société M. Joseph Albrecht. La médaille-diplôme lui sera adressée comme aux autres membres honoraires nommés précédemment».

De nouveaux statuts, adoptés le 9 avril 1849, ne font que confirmer la pratique. L’article VII prévoit que «les membres effectifs et honoraires ont droit à une médaille-diplôme portant leur nom».

Une nouvelle catégorie de membres est créée le 6 juillet 1856, celle des membres associés étrangers. Ils reçoivent un diplôme imprimé et non la médaille-diplôme «réservée aux membres honoraires et aux membres effectifs». Les correspondants régnicoles, créés le 8 juillet 1860, sont soumis au même régime.

De nouveaux statuts, adoptés le 24 novembre 1889, maintiennent ces dispositions. Ils créent une nouvelle catégorie de membres : les membres d’honneur. Ceux-ci reçoivent une médaille-diplôme en argent. Rien n’est modifié lorsque, le 4 mars 1923, la Société se constitue en association sans but lucratif, conformément à la loi du 27 juin 1921.

Il semble qu’à une certaine époque (peut-être la fin de la seconde guerre), la remise de la médaille-diplôme tomba en désuétude. En effet, à l’assemblée générale du 25 février 1949, M. Hoc, qui venait d’être élu président, fit adopter des propositions justifiées par la situation financière de la Société. Parmi celles-ci l’obligation pour les nouveaux membres titulaires de payer un droit d’entrée de 150 F, après quoi une médaille-diplôme en bronze, gravée à leur nom, leur serait remise. Et M. Hoc ajoutait «les membres élus précédemment pourront en recevoir une en versant la somme susdite».

Une nouvelle version des statuts, du 11 février 1950, ne fait plus allusion à la médaille de membre. Par contre, dans de nouveaux textes adoptés le 17 mai 1968, le droit des membres titulaires de recevoir la médaille est à nouveau exprimé, mais ils sont seuls à l’obtenir : membres d’honneur et honoraires ne se voient plus remettre qu’un diplôme, ce qui était déjà la situation des correspondants et des étrangers.

Enfin, lors de la dernière refonte des statuts, le 8 novembre 1986, il n’est plus fait allusion ni à la médaille de membre ni à des diplômes tombés en fait en désuétude. Mais l’article 1er du règlement intérieur précise que tout nouveau membre titulaire reçoit la médaille de la Société gravée à son nom.

On ignore le nombre d’exemplaires frappés en bronze à l’origine. Compte tenu du nombre de bénéficiaires et du fait que dès 1846 il s’avéra nécessaire de frapper de nouveaux exemplaires, on peut supposer qu’il y en eût une soixantaine. C’est Jouvenel qui est chargé de livrer de nouvelles médailles, mais il fait montre d’une extrême lenteur et la Société, prise d’impatience, lui demande les coins en retour. Elle ne les obtiendra qu’après avoir, en 1849, fait procéder à une sommation en bonne et due forme par voie d’huissier.

Au fur et à mesure des besoins, la Société commande de nouveaux exemplaires. On garde la trace d’une livraison de 12 pièces en 1882 par l’Administration des Monnaies, de 12 autres en 1897 par la firme R. Michaux et Fils, de 20 en 1907 par A. Michaux et de 50 en 1948 par l’hôtel monétaire bruxellois. Mais il y en eut certainement d’autres. La dernière date de 1967 : 100 exemplaires furent frappés à la Monnaie Royale de Belgique au moyen des coins originaux, déposés chez elle. Leur patine plus sombre et plus uniforme diffère légèrement de celle des frappes antérieures.

Que peuvent représenter au total toutes ces frappes ? On ne le sait pas avec certitude. En fonction du nombre des bénéficiaires, on doit atteindre environ 500 exemplaires.

C’est en 1889 que les statuts font, pour la première fois, mention d’une médaille-diplôme en argent. Les membres d’honneur la reçoivent. De tels exemplaires avaient toutefois déjà été frappés à trois reprises au moins. C’est en argent, en effet, qu’était la médaille-diplôme remise, dès la fondation, à Lelewel, président d’honneur, comme nous l’apprend une note publiée dans la RBN de 1882, p. 667, sous le procès-verbal de l’assemblée générale du 2 juillet 1882, au cours de laquelle une autre médaille d’argent — la seconde — fut remise à Edouard Vanden Broeck. La médaille de Lelewel passa par la suite dans la collection du comte Maurice de Robiano, décédé en 1869. La médaille offerte à Vanden Broeck est reproduite dans la RBN de 1882, pl. XX. L’inscription du revers rappelle que Vanden Broeck a été élu, en 1882, trésorier pour la vingtième fois.

Lorsqu’on 1885 Renier Chalon, qui mettait fin à sa longue présidence, fut acclamé président d’honneur, l’assemblée générale, sur proposition formulée par G. Cumont, à l’assemblée de Tongres le 10 mai 1885, d’abord, à celle du 5 juillet 1885 à Bruxelles ensuite, décida de lui offrir une médaille de membre en argent. Le 7 décembre 1885, le Bureau, exécutant la volonté de l’assemblée, remit à Renier Chalon non pas une médaille, mais deux médailles, l’une en argent et l’autre en bronze, célébrant son acclamation, le 5 juillet 1885, en qualité de président d’honneur à vie.

L’assemblée générale du 3 juillet 1904 décide l’attribution à Amédée de Roissart d’une médaille de membre en argent en remerciement de son zèle dans l’exercice de ses fonctions de trésorier.

De 1889 à 1930, dix membres d’honneur furent nommés ; la RBN et les archives font mention de la remise de la médaille en argent à certains d’entre eux, mais on peut considérer comme acquis que tous la reçurent. Postérieurement, seul Jean Babelon fut encore nommé membre d’honneur, le 5 mars 1950. Tout porte à croire qu’il ne reçut pas la médaille, passée sous silence dans les nouveaux statuts. La situation financière de la Société était difficile et le temps n’était plus aux largesses.

En juillet 1907, une médaille en argent fut livrée par A. Michaux. On ignore l’usage qui a pu en être fait. La Société souhaitait peut-être seulement disposer d’un exemplaire en réserve.

Lorsqu’en 1896, Edouard Vanden Broeck quitta la charge de trésorier, qu’il avait exercée pendant 32 ans, la Société décida de lui attribuer un témoignage exceptionnel de reconnaissance sous la forme d’une médaille-diplôme en or. La remise se fit au cours de l’assemblée générale du 18 juillet 1897. L’inscription du revers porte : A/ Edouard/ Vanden Broeck - son Trésorier/1864-1896. Cette pièce se trouve aujourd’hui au Cabinet des médailles à Bruxelles. Son coût élevé fut plus que couvert par une souscription à laquelle participèrent 47 membres pour un total de 520 francs.

On relève encore quelques autres attributions de la médaille à des fins particulières. Ainsi, en 1891, la Société remet à J. Dirks, le doyen des membres honoraires, une médaille-diplôme à l’occasion de son 80e anniversaire. En 1987, une médaille de membre en bronze est envoyée à l’artiste japonais Keiichi Uryu en reconnaissance du don fait par lui de deux plaquettes unifaces en argent pur représentant les deux faces de sa médaille «L’homme et la femme », œuvre qui a été couronnée du prix J. Sanford Saltus par l’American Numismatic Society. Les remerciements de la Société sont gravés au revers. En 1992, une médaille de bronze, avec dédicace gravée, a été offerte à la Società Numismatica Italiana qui fêtait le 100e anniversaire de sa fondation et une autre, la même année, à l’Académie Royale d’Archéologie de Belgique qui célébrait ses 150 années d’activité.

Des médailles de bronze doré ont été offertes, le 24 avril 1982, à trois membres qui avaient cinquante années d’affiliation : Henry Nowé, Alexis Dumoulin et l’abbé Albert Van Bockrijck. Le même hommage fut rendu le 16 mars 1985 à deux autres jubilaires : Jules De Walsche et le chanoine André Lanotte. Une médaille dorée a aussi été envoyée en 1983 à l’American Numismatic Society à l’occasion de son 125e anniversaire.

Enfin, une médaille en argent, avec dédicace gravée, a été offerte au Koninklijk Nederlands Genootschap voor Munt- en Penningkunde, à l’occasion de la célébration, en juin 1992, du centième anniversaire de sa fondation.

On ne peut pas exclure d’autres attributions dont ni la RBN, ni les archives subsistantes ne font mention.

JETON  D’HOMMAGE  DE  LA  SOCIÉTÉ

On a vu que la médaille de membre devait, dans l’esprit des fondateurs de la Société, constituer le diplôme attestant l’appartenance à l’institution, mais qu’elle servit aussi, occasionnellement, à d’autres usages.

En 1972, la Société jugea opportun de disposer d’un jeton essentiellement destiné à être attribué à des personnes lui ayant rendu service et ce à l’exemple d’autres sociétés numismatiques. Une décision de l’assemblée générale du 19 mars 1972 prescrit la frappe de jetons en argent et en bronze ; l’assemblée générale tenue à Saint-Trond le 18 juin 1972 ajoute le vermeil. Le jeton est la réduction de la médaille de membre. Un premier exemplaire en bronze est remis, le même jour, au bourgmestre de la ville pour le remercier de son accueil ; la date de la réunion est gravée. Semblablement, un exemplaire en argent fut remis à la ville de Renaix, qui accueillait la Société pour son assemblée générale du 16 juin 1974.

Le nom de l’attributaire est gravé au revers du jeton remis. De 1972 à 1992, le jeton a été attribué à sept reprises. La liste en est publiée en tête de celle des membres qui paraît annuellement dans la RBN : Mme Augusta Maes, inspecteur général honoraire à la Banque Nationale de Belgique, M. Herman Liebaers, grand-maréchal de la Cour honoraire, conservateur-en-chef honoraire de la Bibliothèque Royale, Mme Mina Martens, archiviste honoraire de la Ville de Bruxelles, la Banque Nationale de Belgique, dont le mécénat a permis la création du prix quadriennal de la Société, M. Hubert Hackens, dont le dévouement au service de la Société est exemplaire, le Professeur Paul Naster, président honoraire et M. Maurice Colaert, président honoraire.

JETONS  D’ASSEMBLÉES  GÉNÉRALES  STATUTAIRES

De 1865 à 1946, à une exception près en 1866, un jeton a été frappé annuellement à l’occasion de l’assemblée générale statutaire, celle au cours de laquelle il est procédé à l’audition des divers rapports et aux élections. Jusqu’en 1907, cette assemblée annuelle se tenait au début de juillet. Depuis lors elle se réunit en mars. Aucune assemblée ne s’est tenue au cours des deux guerres.

Cette série représente sans doute la partie la plus attachante des frappes de la Société. Elle a, en effet, plusieurs attraits : elle a une assez grande homogénéité ; elle présente des effigies de qualité de numismates connus. Elle est l’œuvre de graveurs parmi les meilleurs de leur temps : Léopold Wiener, Fernand Dubois, Victor Lemaire, Frantz Vermeylen, Paul Fisch, Alphonse Michaux, Godefroid Devreese, Hippolyte Le Roy, Alphonse Mauquoy.

Cette série n’est pas le résultat d’un plan préconçu. Elle est née empiriquement. Depuis 1854, on distribuait par le sort, à chaque assemblée, entre les membres présents, un ou plusieurs ouvrages de numismatique ou d’archéologie. Cette distribution ne faisait pas l’unanimité. Le 6 juillet 1856 déjà, le comte de Robiano propose sa suppression, mais il n’est pas suivi. Au cours d’une séance tenue à Mons le 10 octobre 1858, plusieurs membres expriment le vœu de voir remplacer cette distribution par la remise d’un jeton de présence. On décide de mettre la question à l’ordre du jour de l’assemblée générale de 1859. Mais le 3 juillet de cette année on se borne à ajourner la décision. La question est redébattue le 8 juillet 1860. On ne prend qu’une décision négative : la distribution de livres par le sort est supprimée, mais on remet à nouveau à plus tard la décision relative à un jeton. Le 7 juillet 1861, on décide que si la chose s’avère possible, on frappera une médaille ou un jeton à la mémoire de Joachim Lelewel, qui venait de décéder. Cela reste sans suite.

Un pas décisif est franchi le 3 juillet 1864 : Léopold Wiener fait l’offre gracieuse de graver un jeton de présence à l’effigie d’Hubertus Goltzius. Cette proposition est évidemment bien accueillie et l’on songe déjà à une autre utilisation possible : frappé en or et sur flan plus épais, le jeton pourrait être donné en prix — ce qui paraît ne jamais s’être fait. Un jeton — en argent — est distribué aux membres présents à l’assemblée du 2 juillet 1865. La qualité de jeton de présence est affirmée au revers : Praesentibus dabitur. Aucune date n’est mentionnée. Le jeton n’est donc pas destiné à récompenser la présence à une assemblée déterminée et peut servir encore pour d’autres occasions. L’assemblée décide d’ailleurs que les 17 jetons non distribués seront remis aux membres effectifs absents le 2 juillet 1865 la première fois qu’ils feront acte de présence.

Diverses suggestions sont formulées pour l’avenir. Une seule est retenue : un jeton de bronze sera remis aux membres présents aux réunions extraordinaires. C’est ce qui se fait à Termonde, le 29 avril 1866; un jeton identique — sauf le métal — à celui de 1865 est distribué. Mais ce sera la seule mise en application de la décision prise. Ultérieurement, le jeton annuel sera toujours donné à l’occasion de l’assemblée statutaire.

Un jeton Goltzius sera encore distribué le 7 juillet 1867, le 5 juillet 1868, le 4 juillet 1869 et le 3 juillet 1870. Tous les revers sont différents; ils mentionnent la date de l’assemblée, tandis que la formule Praesentibus dabitur a disparu.

Dès 1868, un membre, Ulysse Capitaine, propose de changer le droit du jeton de présence et d’y placer le buste d’un numismate contemporain. Aucune décision n’est prise. La Société paraît hésitera engager la dépense. C’est à nouveau la générosité de L. Wiener qui apportera la solution : il accepte de graver une nouvelle effigie, celle de Van Berckel. La Société n’aura à supporter que les seuls frais de fabrication — de l’ordre de 300 francs — et pourra répartir la dépense sur trois exercices. Cette proposition, aussitôt acceptée, met fin aux tergiversations. Le pli sera bientôt pris : le choix d’une effigie vaudra en principe pour trois ans et il en sera ainsi jusqu’à la seconde guerre mondiale.

On l’a dit, cette frappe n’a jamais fait l’objet d’une réglementation ; les statuts l’ont toujours ignorée et aucune décision de principe n’a été arrêtée en assemblée générale. Des usages se sont établis, sans être suivis de manière rigoureuse. C’est a posteriori que l’on peut dégager des caractéristiques générales.

Ce sont des jetons de présence. Ils ne sont distribués gratuitement qu’aux seuls membres présents. Les exemplaires non distribués ne sont pas perdus ; les archives montrent des traces de vente de jetons, la série étant convoitée par des collectionneurs. Certains jetons ont servi de monnaie d’échange pour enrichir la collection numismatique de la Société. Des exemplaires sont aussi remis aux proches de ceux dont l’effigie a été reproduite. On possède des lettres de remerciements de la famille van der Chijs, qui reçut dix exemplaires, et du fils de Victor Gaillard.

Le premier jeton de Wiener porte, en 1865, la mention : Praesentibus dabitur. Elle disparaît dès 1867 et ce n’est qu’en 1919 qu’on lit Munus praesentium. La même formule d’abord puis d’autres de même portée apparaissent alors jusqu’à la fin de la frappe. Il n’est cependant pas douteux que, même de 1867 à 1914, la présence effective est toujours demeurée la condition de l’obtention du jeton. Le 7 juillet 1872, le vicomte de Jonghe demande qu’un jeton de présence soit envoyé aux membres qui, comme ce jour-là Charles Cocheteux, sont empêchés d’assister à l’assemblée générale dans des circonstances absolument indépendantes de leur volonté. La proposition a dû susciter des réticences, car on laisse au Bureau le soin de prendre une décision, ce qu’il semble n’avoir pas fait ; rien n’a plus jamais été publié à ce propos. En revanche, le procès-verbal de l’assemblée générale du 1er juillet 1877 dit clairement : « Le trésorier remet (le jeton) aux membres présents, qui seuls y ont droit». Certaines convocations l’affirment aussi. Ainsi, celle pour l’assemblée générale du 4 juillet 1886 précise : «les membres présents à cette réunion ont droit à un jeton spécial, frappé uniquement pour eux, au type de M. De Coster».

À l’origine, ce droit n’appartenait pas à tous les membres présents. Il était l’apanage des membres effectifs. Certes, les procès-verbaux disent tantôt que le jeton est distribué «aux membres présents» (1865, 1868, 1869, 1870), tantôt qu’il l’est «aux membres effectifs» (1866, 1867). Mais un débat que rapporte le procès-verbal de l’assemblée générale du 7 juillet 1872 exclut tout doute : des associés étrangers — rarement présents — avaient manifesté le désir d’obtenir un exemplaire des jetons déjà frappés aux effigies de Goltzius et de Van Berckel. Brichaut formule alors une proposition en vue de satisfaire les correspondants tant régnicoles qu’étrangers : faire frapper des jetons à chacune de ces effigies, ne portant, au revers, que la seule dénomination de la Société. Le nom du membre serait « inscrit à la main», ce qui voulait certainement dire gravé. Chaque membre correspondant, belge ou étranger, pourrait, contre paiement, obtenir ainsi le jeton frappé au cours de l’année de son affiliation et tous autres existants ou à créer sans mention de son nom. Il devait s’agir en réalité non plus de jetons de présence, mais de nouveaux diplômes métalliques. La proposition est accueillie par l’assemblée et le trésorier, Vanden Broeck, est chargé de fixer le prix de ces nouveaux jetons. Il fait diligence, car c’est dès le 20 juillet 1872 qu’il diffuse une circulaire offrant aux correspondants régnicoles et aux associés étrangers un jeton en bronze portant au droit l’effigie figurant sur les jetons de présence en usage au moment de l’admission et, au revers, les nom, prénom et date d’admission entourés de la légende circulaire : SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE DE BELGIQUE. Les membres honoraires et effectifs peuvent obtenir, pour leur collection, les mêmes jetons, sans inscription au revers. Les prix sont de 3,50 F sans gravure et de 5 F avec gravure, montants à vrai dire très élevés. La circulaire n’était pas strictement conforme à la décision de l’assemblée du 7 juillet précédent. Celle-ci avait, en effet, réservé ces jetons aux seuls correspondants belges et étrangers et les avait autorisés à acquérir avec gravure le jeton en cours lors de leur admission et tous autres sans gravure.

En fait, la pratique fut encore différente. L’initiative n’ayant eu qu’un succès très limité, Vanden Broeck n’hésita pas à céder tous jetons à quiconque en désirait et comme quelques membres qui ne regardaient pas à la dépense en souhaitaient en argent, on leur en proposa au prix de 10 F sans gravure et de 12 F avec gravure, ce qui frôlait le prohibitif. Brichaut, qui se charge de la vente, s’en plaint d’ailleurs auprès de Vanden Broeck. Il trouve cependant quelques clients pour l’argent ou le bronze ou pour les deux métaux et les lettres qu’il a envoyées à ce sujet à Vanden Broeck, heureusement conservées, mentionnent les noms de Bieswal, Caignard, Dongé, Durand, Legras, Lousteau, Meyer, tous étrangers. La frappe de jetons en argent et en bronze aux effigies de Goltzius, Van Berckel et van Mieris est attestée par les archives.

L’initiative de Brichaut tombera bientôt dans un oubli total. La dernière allusion qu’y fit la RBN est une déclaration de Vanden Broeck à l’assemblée générale du 5 juillet 1874 : il prie les membres qui souhaiteraient obtenir le jeton-diplôme de s’adresser au Bureau. Aucun de ces jetons n’a figuré à l’exposition organisée par la Société en 1966, à l’occasion de son 125e anniversaire, et le catalogue n’y fait pas allusion. Le Cabinet des médailles à Bruxelles conserve cependant un jeton en argent Goltzius sans gravure et un jeton en bronze Van Berckel, gravé. Le jeton van Mieris, dont la frappe est attestée, est donc à retrouver. Le jeton Van Berckel est au nom du «Lieut.-colonel P. Mailliet, membre effectif 1864 », ce qui montre bien la dérive. En principe, en effet, ce jeton ne pouvait être revêtu que du nom d’un correspondant nommé en 1871, 1872 et 1873. Bien ne dit d’ailleurs que cette gravure n’a pas été exécutée sur l’ordre de Mailliet lui-même, par un graveur inconnu. Le risque d’initiatives personnelles était inévitable dès l’instant où on pouvait obtenir des jetons non gravés.

Cette expérience ayant tourné court, subsistait le problème de la distribution du jeton aux membres correspondants et étrangers. Il fut apparemment résolu de la manière la plus aisée : le jeton fut désormais distribué à tous les présents, sans discrimination. Effectivement, aucun problème n’a plus jamais été soulevé et les procès-verbaux ultérieurs ne parlent plus que de la remise « aux membres présents» sans restriction. Une facture de 1882 de l’Administration des Monnaies révèle que le jeton était frappé à 50 exemplaires, nombre largement suffisant pour en faire bénéficier tous les membres participant à l’assemblée générale. C’est le chiffre encore adopté en 1884, en 1899, en 1906, en 1937 et en 1946. En 1868, la frappe avait été limitée à 25 exemplaires. En 1912, elle ne fut que de 40 ex. Pour la plupart des années, le chiffre exact de frappe est inconnu, mais il est probable qu’il a toujours été de 40 à 50 exemplaires.

En 1866, à l’époque des tâtonnements, le jeton est distribué à une assemblée de printemps tenue à Termonde le 29 avril. Mais ce fut la seule fois où la remise ne se fit pas à l’assemblée générale annuelle statutaire. À de rares occasions, notamment en 1871, 1874 et 1935, par suite d’un retard ou d’un imprévu, le jeton n’est pas prêt. Il est alors remis dès que possible, mais exclusivement aux seuls membres qui ont participé à l’assemblée.

Le jeton était certainement apprécié par la plupart des membres. Aussi, lorsque assez curieusement, à l’assemblée du 3 juillet 1892, le baron de Chestret proposa d’y renoncer «dans un esprit d’économie», on lui fit remarquer qu’au contraire plusieurs membres, loin de désirer la suppression, avaient manifesté le souhait qu’un autre jeton fût donné aux membres assistant aux assemblées extraordinaires. Par ailleurs, la dépense n’était pas élevée, spécialement en raison du fait que les graveurs réalisaient l’œuvre originale gratuitement ou à honoraires réduits. Tout porte à croire que Léopold Wiener, auteur de tous les jetons jusqu’en 1889, s’en est toujours tenu à ses offres de 1868. Ses successeurs se contentaient, apparemment, de rétributions modestes. C’est si vrai que le 2 juillet 1903, on décidait de doubler et de porter de 100 à 200 F, à dater de l’année suivante, les honoraires annuels payés jusqu’alors aux artistes chargés de la gravure des jetons de présence, jugés insuffisants.

Alors que le premier jeton à l’effigie de Goltzius servit pendant six années consécutives, la cadence est ensuite triennale, conséquence de la proposition de Léopold Wiener de répartir sur trois ans le paiement du prix de la fabrication des coins. On relève toutefois trois exceptions : l’effigie du vicomte Gustave de Ponton d’Amécourt, inaugurée en 1889, fut remplacée dès 1891 par celle du Prince Baudouin, membre d’honneur, décédé en janvier de cette année et dont on voulait célébrer sans délai la mémoire. Pour des raisons qu’aucun procès-verbal ne révèle, le jeton du Dr J. F. Dugniolle fut frappé quatre fois, de 1925 à 1928. Enfin le dernier jeton de la série, à l’effigie de Georges Cumont, frappé de 1938 à 1940, le fut encore en 1946, à la reprise des activités de la Société, et ce pour des motifs financiers : ruinée par la guerre, la Société ne pouvait plus faire face aux frais de création d’un nouveau jeton. Un appel à des mécènes n’eut pas l’effet souhaité. Ainsi finit, tristement, cette série commémorative qui avait donné naissance à une suite de 23 effigies en 73 réalisations successives.

L’effigie de Goltzius fut proposée par Léopold Wiener. Par la suite, le choix fut parfois discuté en assemblée générale, mais il ne suscita jamais de problème. Certes, certaines propositions ne furent pas retenues. Ainsi, en rédigeant la nécrologie de Mgr de Béthune (RBN, 1909, p. 197), Albert Visart de Bocarmé exprimait l’espoir de voir figurer son effigie sur le prochain jeton de présence. Ce vœu ne fut pas exaucé. Pour l’année 1941, le choix s’était porté sur le vicomte Baudouin de Jonghe, qui avait été durant 35 ans, de 1889 à 1925, à la tête de la Société. La guerre interrompit le projet.

Toutes les effigies adoptées sont celles de numismates importants sinon éminents, à la seule exception du Prince Baudouin, qui avait accepté d’être membre d’honneur de la Société. Le choix s’est toujours porté sur un défunt, ce qui est à relever parce que, parallèlement, comme on le verra plus loin, les frappes en l’honneur de membres vivants furent abondantes. Cette option, qui n’a jamais été exprimée, mais fut respectée sans exception aucune, fit qu’à l’origine les numismates dont l’effigie était choisie appartenaient à la période antérieure à la fondation de la Société. Le premier membre dont l’effigie fut portée sur un jeton fut le baron de Saulcy, membre honoraire, président d’honneur de la Société française de numismatique, décédé en 1880. À partir de 1909, on ne trouve plus sur les jetons que d’anciens membres de la Société.

Aucune effigie n’est imaginaire. Le médailleur a toujours travaillé sur un portrait mis à sa disposition. Un problème se posa lors du choix d’Olivier Vredius, dont on ne retrouvait aucune effigie peinte ou gravée. Mais son buste se trouve à l’église Notre-Dame de Bruges et c’est un moulage de ce buste qui permit à Frantz Vermeylen de réaliser le jeton ÇRBN, 1897, p. 490).

L. Wiener réalise le premier jeton au diamètre de 34 mm et il conserve le même module pour ses sept créations postérieures. On constate par la suite des mesures variables, de 28 et 29 mm (Camille Picqué de 1922 à 1924) à 35 mm (Dr J. F. Dugniolle de 1925 à 1928). Mais, à deux reprises, le médailleur abandonne la forme circulaire pour la plaquette rectangulaire. Alphonse Michaux réalise ainsi le jeton Renier Chalon et Godefroid Devreese le Victor Gaillard. Les 3 raisons de ces choix n’ont pas été explicitées.

C’est toujours au revers que l’on trouve la mention de la Société et de l’assemblée générale à laquelle le jeton est destiné. Le plus sou vent cette face est exclusivement épigraphique, mais elle est parfois plus élaborée (branches, symboles, personnages ...). Si les jetons de| Wiener de 1865 et 1866 ne diffèrent que par le métal, argent en 1865, bronze en 1866, ce médailleur mit son point d’honneur à créer pour les quatre frappes suivantes des revers nouveaux et il fit de même pour les sept autres jetons qu’il créa par la suite. Ses premiers successeurs, Fernand Dubois (1891 : jeton Prince Baudouin) et Victor Lemaire (1894 : van der Chijs) suivirent son exemple. Mais Frantz Vermeylen conserva le même revers de 1897 à 1899 (jeton Vredius), la date de l’assemblée étant seule modifiée. Hippolyte Le Roy fit de même pour le jeton de Chestret de Haneffe (1912-1914) et ses successeurs aussi. Entre les deux guerres, des raisons d’économie ont peut-être joué un rôle. Remarquons toutefois que le revers du jeton de 1946, à l’effigie de Georges Cumont, dernier de la série, diffère totalement de celui commun aux années 1938 à 1940.

Chaque médailleur, enfin, qui dut mentionner la qualité de «jeton de présence», le fit en des termes différents et ce n’est sans doute pas le fait du hasard. A. Mauquoy, auteur de six jetons, imagina même six formulations. On lit ainsi :

L. Wiener : Praesentibus dabitur (1865-1866)

F. Vermeylen : Munus praesentium (1919-1921)

A. Mauquoy : Praemium convenientibus (1922-1924)

A. Michaux : Datus sum presentibus (1925-1928)

A. Mauquoy : Absentibus negetur (1929-1931)

A. Mauquoy : Adfui (1932-1934)

A. Mauquoy : Adstantibus (1935-1937)

A. Mauquoy : Praesentibus (1938-1940)

A. Mauquoy : Convenientibus (1946).

Le jeton frappé aux frais de la Société et qu’elle distribue est réalisé en bronze. Seul le premier jeton Goltzius fit, en 1865, l’objet d’une distribution en argent. Cependant de nombreux millésimes des jetons existent aussi en ce métal. En fait, les membres qui le souhaitaient pouvaient les acquérir directement chez le fabricant et certains en étaient apparemment friands. La Société en a elle-même passé commande. Elle en envoya un, en 1883, à la veuve du baron de Saulcy, dont l’effigie venait d’être réalisée. Tout porte à croire que c’est aussi un jeton en argent qui fut envoyé à la vicomtesse d’Amécourt en 1889. En 1884, la Société se fit livrer, par Wiener, deux exemplaires en argent du jeton à ce millésime; on ignore à quelle fin. Sauf ces cas précis, ni la RBN, ni les archives de la Société ne font état de ces frappes en argent, dont la liste ne peut donc être établie qu’au vu des exemplaires eux-mêmes. La Société en possède quelques-uns, tandis que d’autres encore ont été signalés par ailleurs. Le dernier remonte à l’année 1919 et aucun n’a été retrouvé ou mentionné pour les années suivantes. Il semble que prit fin, à cette époque, l’usage de faire frapper, à titre privé, des exemplaires en argent. Comme ces frappes étaient à tirages très limités, certains millésimes pourraient encore faire surface.

Le jeton n’a très probablement donné lieu à une frappe en or qu’à une seule occasion : l’assemblée générale du 6 juillet 1873 décide, par acclamations, la remise d’un jeton de présence en or au comte de Nahuys, membre honoraire, « qu’une indisposition a empêché d’assister à la réunion, pour le zèle intelligent et le dévouement hors ligne dont il ne cesse de donner des preuves dans l’intérêt de la Société ». Le droit de ce jeton est celui à l’effigie de Van Berckel. Le revers présente une inscription de circonstance (Cat. V, 24, b).

On relève encore l’existence d’autres variantes, produits de mélanges de coins. Ainsi, le jeton van Mieris, créé en 1874, a été associé à un revers de 1871, destiné au jeton Van Berckel. Ce même jeton van Mieris a aussi été associé au revers du jeton de Renesse Breidbach de 1878. Le jeton de Ponton d’Amécourt, dans sa version de 1890, a été associé à un revers du jeton De Coster de 1888. Comment expliquer leur existence ? Dans le premier cas cité, on pourrait supposer qu’il s’agit d’un essai du droit du nouveau jeton associé à un revers antérieur parce que le nouveau revers n’était pas encore prêt. Mais cette explication n’est pas valable pour les deux autres hybrides. On a toutes raisons de penser qu’il s’agit tout simplement de fantaisies réalisées pour le plaisir d’amateurs.

ANNIVERSAIRES  ET  CONGRÈS

La Société a célébré le 25e anniversaire de sa fondation en 1866, le 50e en 1891, le 125e en 1966 et le 150e en 1991. L’état de guerre a empêché la célébration du 75e en 1916 et du 100e en 1941. Chaque célébration a donné lieu à une ou plusieurs frappes. À deux reprises, en 1891 et en 1991, ce fut aussi l’occasion d’un congrès international. En 1910, un autre congrès eut pour toile de fond l’Exposition Universelle de Bruxelles. Enfin, à l’initiative d’un membre étranger, une médaille célèbre, assez curieusement, le 39e anniversaire.

1866 : 25e ANNIVERSAIRE

C’est avec discrétion que la Société fêta ses 25 années d’existence. Le procès-verbal d’une séance tenue à Termonde le 29 avril 1866 et qui ne réunissait que 11 membres, se borne à dire : «L’assemblée convient ensuite de quelques dispositions à prendre pour fêter, le premier dimanche de juillet prochain, le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de la Société ». L’assemblée générale annuelle statutaire se réunit effectivement à Bruxelles le 1er juillet en présence de 19 membres effectifs et de 2 correspondants régnicoles. On lit au procès-verbal :

«M. le Secrétaire (Camille Picqué) fait un rapport sur les travaux de la Société royale de numismatique, depuis sa fondation. Il raconte ce qu’elle était à son origine et analyse rapidement les articles les plus importants publiés dans les 21 volumes de la Revue de la numismatique belge. L’assemblée vote l’impression de ce rapport, qui sera publié ultérieurement».

Cette publication ne fut apparemment jamais faite et on peut le regretter. Certes M. Picqué, entré à la Société en 1860, n’avait pas de souvenirs personnels remontant à la fondation, mais ceux qui y avaient participé étaient encore nombreux et avaient certainement pu le documenter. Ce rapport contenait peut-être la réponse à certaines questions, évoquées plus haut, que nous nous posons aujourd’hui.

Après la lecture de ce rapport, l’assemblée s’est poursuivie comme toute autre assemblée annuelle avec sa partie administrative et ses communications scientifiques. Relevons toutefois que le rapport du secrétaire parle des travaux de la Société royale de numismatique. Effectivement, à partir de 1866, la Société est autorisée à se déclarer telle, faveur que lui ont fait obtenir ses vingt-cinq années d’une existence honorable.

La vraie fête s’est passée après la séance, au cours d’un banquet dont il ne fut publié aucun compte-rendu officiel. La Revue a simplement repris ce qu’en avait dit L’Écho du Parlement dans son numéro du 3 juillet. Nous y apprenons que de nombreux toasts ont été portés et que la festivité s’est clôturée par des chansons. Mais nous lisons aussi que le vice-président, le Docteur Dugniolle, a remis à Renier Chalon, président, un exemplaire en vermeil et un autre en bronze d’une médaille de grand module à son effigie, créée par Léopold Wiener et présentant au revers les noms de tous les membres effectifs et correspondants.

La décision de frapper cette médaille avait été prise d’une manière un peu particulière. Les membres du Bureau avaient sans doute jugé inopportun que la décision de frapper une médaille à l’effigie du président soit prise au cours d’une séance qu’il présidait. Pour tourner la difficulté, les autres membres du Bureau se réunirent entre eux et communiquèrent leur décision à tous les membres effectifs par une circulaire imprimée, ajoutant :

«Ceux ... qui ne seraient pas disposés à adhérer à la résolution prise par l’assemblée, seront invités à faire connaître leur refus par écrit à M. le Secrétaire de la Société».

Tout porte à croire qu’aucune opposition ne se manifesta contre le principe du projet, mais bien contre ses modalités. La circulaire prévoyait, en effet, que la médaille serait frappée exclusivement pour les 35 membres effectifs de la Société et que leurs noms seraient mentionnés au revers. Or, sur la médaille réalisée, les noms des membres correspondants s’ajoutent à ceux des effectifs. Les intéressés se sont sans doute plaints d’une discrimination jugée déplaisante. La frappe a donc dû normalement être portée de 35 à 45 exemplaires en bronze, outre un pour la collection de la Société et un autre pour le Cabinet des médailles de la Bibliothèque royale, en plus de l’exemplaire unique en vermeil destiné au président.

1880 : 39e ANNIVERSAIRE

La célébration d’un 39e anniversaire est à première vue surprenante.  C’est un membre étranger, Auguste Bieswal, qui en prit l’initiative.

Il habitait à Bailleul, dans le département du Nord ; il était très assidu aux séances de la Société belge et se conduisait en mécène généreux ; il assuma la charge de plusieurs des jetons distribués aux assemblées générales de province, comme on le verra plus loin.

En 1880 la Belgique célébrait le cinquantième anniversaire de son indépendance et la Société allait jouer un rôle par la publication des Souvenirs numismatiques du cinquantième anniversaire de l’Indépendance de la Belgique.  Bieswal voulut, à cette occasion, manifester sa généreuse sympathie envers la Société belge et son admiration pour la manière dont Renier Chalon présidait à ses destinées.  Avec le concours d’Auguste Brichaut et du médailleur Würden, il fit donc réaliser une médaille commémorative, dont le droit porte le buste de Chalon, le revers étant consacré à la Société.  Frappée en argent et en bronze, cette médaille fut distribuée au cours de l’assemblée générale du 4 juillet 1880 comme en témoigne le procès-verbal.  Deux pieds-forts, l’un en argent, l’autre en bronze, furent remis solennellement au président.

1891 : 50e ANNIVERSAIRE  ET  PREMIER  CONGRÈS  INTERNATIONAL  DE  NUMISMATIQUE

Nous ne reviendrons pas sur la manière dont se déroula ce congrès. Nous relèverons seulement les frappes auxquelles il donna lieu.

Dès 1889, le principe de la frappe d’une médaille était acquis et une assemblée générale du 24 novembre décida l’organisation d’un concours auquel les principaux médailleurs du pays furent invités à prendre part. Le droit devait représenter les têtes conjuguées des deux anciens présidents d’honneur, Lelewel et Chalon ; le revers devait être consacré à une composition allégorique ayant trait à la numismatique. La Société reçut un nombre réduit de projets, mais aucun ne fut agréé. L’assemblée du 6 juillet 1890 chargea alors le Bureau, auquel Léopold Wiener fut adjoint, de traiter directement avec Fernand Dubois. La médaille qu’il réalisa fut mise en souscription au prix de 25 francs pour l’exemplaire en argent et de 8 francs pour le bronze. Il y eut 39 souscriptions pour l’argent et 108 pour le bronze. La souscription était une des modalités proposées pour adhérer au Congrès.

La mort inopinée du Prince Baudouin, membre d’honneur, avait déjà amené la Société a lui consacrer le jeton de l’année 1891 et elle en avait aussi confié la réalisation à F. Dubois. Le droit servit à la frappe en bronze d’un jeton-souvenir du Congrès, distribué à ceux qui assistèrent effectivement aux séances. Il servit aussi à la frappe en argent et en bronze d’une petite médaille que F. Dubois remit en hommage à la mère du Prince, la Comtesse de Flandre.

Enfin, Auguste Brichaut, membre effectif, remit à quelques-uns de ses confrères un petit jeton-souvenir du Congrès. Nous verrons plus loin qu’il était coutumier de telles généreuses distributions.

1910 : CONGRÈS  INTERNATIONAL  DE  NUMISMATIQUE  ET  DE  L’ART  DE  LA  MÉDAILLE

Organisé conjointement par la Société royale de numismatique et par la Société hollandaise-belge des Amis de la Médaille d’Art, sur proposition de cette dernière, ce congrès fut divisé en deux sections : une de numismatique et une de médailles contemporaines.

C’est Jules Jourdain qui fut chargé de créer la médaille officielle du congrès, frappée en argent et en bronze. Une face est consacrée à la numismatique, l’autre à la médaille contemporaine.

De leur côté, la Société hollandaise-belge des Amis de la Médaille d’Art et l’American Numismatic Society décidèrent, au cours du congrès, de faire frapper une médaille commémorative qui, simultanément, honorerait le conservateur du Cabinet des médailles de Paris, Ernest Babelon (1854-1923), membre honoraire de la SRNB depuis 1888 et président du congrès, à côté de Ch. Buis, ancien président de la Société hollandaise-belge des Amis de la Médaille d’Art. On avait, au cours du congrès, abondamment discuté des mérites respectifs du tour à réduire et de la gravure directe. Aussi, les promoteurs décidèrent-ils que les deux procédés seraient utilisés simultanément sur la médaille prévue. Ils voulurent confier la réalisation de chaque face à un médailleur de réputation internationale et leur choix s’arrêta sur le belge Godefroid Devreese, partisan du tour à réduire, et l’allemand Rudolf Bosseit, familier de la gravure directe. 56 ex. en argent et 505 en bronze furent frappés pour les membres des deux sociétés. La médaille fut remise à Ernest Babelon, au Cabinet des médailles de Paris, le 6 mai 1911, par le vicomte Baudouin de Jonghe, président de la SRNB, en présence des deux médailleurs. Chaque face témoigne de la puissance de création de son auteur. Mais le contraste entre leurs fortes personnalités prive l’œuvre de toute unité.

Autre témoin métallique : M. Magnus Lagerberg, chambellan de S.M. le Roi de Suède, délégué au congrès par la Société suédoise de numismatique, fit frapper, à son effigie, une médaille dont le revers rappelle sa participation.

1966 : 125e ANNIVERSAIRE

Les plus anciens membres se souviennent des cérémonies et activités organisées à l’occasion du 125e anniversaire de la Société. Un compte-rendu fut publié en tête du volume CXIII, 1967 de la RBN. Une seule frappe fut décidée : celle d’un jeton commémoratif en or, en argent et en bronze, auquel chacun put souscrire. Pour le droit, on reprit le coin à l’effigie de Lelewel, qui avait servi au jeton de présence des années 1900 à 1902.

Des exemplaires ont été offerts en hommage ou en remerciement à diverses personnalités au cours des cérémonies et par la suite. Lors de la visite de l’exposition par S.M. le Roi Baudouin, le président lui remit un écrin contenant un exemplaire dans les trois métaux. Un autre écrin similaire fut offert en 1969 à la Bibliothèque Royale à l’occasion de l’inauguration de ses nouveaux locaux.

Lors de l’assemblée générale du 12 mars 1967, un jeton unique en argent d’épaisseur double et sur flan large fut offert au Professeur Paul Naster. Il porte une inscription gravée sur une bordure unie (Cat. V, 66).

La Société Royale reçut en hommage plusieurs médailles d’autres sociétés. Un jeton en or offert par la Société française de Numismatique mérite une mention particulière parce qu’il porte, au revers, une dédicace gravée.

1991 : 150e ANNIVERSAIRE  ET  XIe CONGRÈS  INTERNATIONAL  DE  NUMISMATIQUE

Septembre 1991 a vu se réunir à Bruxelles près de 700 numismates du monde entier. Le XIe Congrès s’y tenait à raison de la coïncidence de trois anniversaires : le 150° de la SRNB, le 100e du premier Congrès international tenu à Bruxelles en 1891 et la 150e année de la publication de la Revue belge de Numismatique et de Sigillographie. Un rapport détaillé de tous les aspects et de toutes les activités du congrès, établi par M. Tony Hackens et Mlle Ghislaine Moucharte, est publié en tête de volume CXXXVIII, 1992, de la RBN.

Les frappes justifiées par le congrès ont été plus nombreuses que lors des deux précédents tenus à Bruxelles.

Le sculpteur-médailleur Henri Lannoye accepta de réaliser la médaille officielle du congrès, dont une face est consacrée aux anniversaires de la SRNR et de la RBN, l’autre l’étant à celui du premier congrès.

Monsieur Philippe Maystadt, ministre des Finances, accueillit favorablement la demande de la Société de voir son anniversaire Célébré par une frappe monétaire. Elle s’insère dans le programme de frappes de pièces d’or et d’argent à valeur faciale en ECU. Ce fut apparemment «une première», aucun pays n’ayant à ce jour frappé une monnaie en l’honneur d’une société de numismatique.

Un même accueil favorable a permis la frappe, par la Monnaie Royale de Belgique, d’une monnaie en métaux communs à usage interne du congrès, elle aussi libellée en ECU, en liaison avec le thème de l’exposition organisée en marge du congrès dans les salles et avec le concours du Crédit Communal de Belgique sous le titre « Une monnaie pour l’Europe ». L’intérêt manifesté par cette frappe justifia la décision de proposer aux participants et à tous les collectionneurs intéressés des pochettes en qualité FDC contenant les quatre valeurs de 1, 2, 5 et 10 ECU. Les pièces des pochettes diffèrent de celles en frappe courante, par leur qualité FDC, leur tranche qui est lisse et par l’apposition du différent du Commissaire des monnaies, M. R. Coenen, et de celui de la Monnaie Royale.

Un jeton fut aussi frappé par les soins de cette même institution à l’intention de l’exposition «Une monnaie pour l’Europe». Il est en plomb. Il pouvait être frappé par le visiteur à l’aide d’un balancier;

des exemplaires réalisés avec une virole lisse étaient, simultanément, frappés dans les ateliers de la Monnaie Royale. Les hôtes et les journalistes de la conférence de presse se virent offrir un jeton en argent avec légende du droit modifiée.

Comme en 1966, diverses sociétés étrangères ont offert des médailles à la SRNB en témoignage de sympathie. Le catalogue reprend celles qui portent des dédicaces gravées.

MÉDAILLES  ET  JETONS  RELATIFS  À  D’AUTRES  ASSEMBLÉES  OU  ACTIVITÉS  DE  LA  SOCIÉTÉ

Nous avons déjà signalé que les membres présents à l’assemblée extraordinaire tenue à Termonde le 29 avril 1866 reçurent un exemplaire en bronze du jeton qui avait été remis — en argent — à l’assemblée statutaire du 2 juillet 1865. Il n’était jusqu’alors guère d’usage de faire des distributions aux membres présents. Seules exceptions : le tirage au sort d’ouvrages de numismatique ou d’archéologie de 1854 à 1860 et la remise du premier jeton de présence en 1865.

L’entrée dans la Société d’Auguste Brichaut modifie le cours des choses. Élu membre correspondant en 1867, il devient titulaire dès 1868. Il porte à ce moment le titre de «contrôleur des monnaies à Bruxelles». En 1873, il s’installe à Paris et sur la liste annuelle est qualifié de «numismate». Il le sera plus tard aussi d’«ingénieur» ou d’«ingénieur civil». Il garde cependant une attache à Bruxelles et reste assidu aux assemblées. En avril 1881, le bulletin de souscription pour la médaille à frapper en l’honneur d’Auguste Bieswal peut être envoyé à son nom soit rue des Six Jetons 48 à Bruxelles, soit rue Saint-Paul 9 à Paris. Cette dernière adresse n’est cependant pas celle de son domicile ; c’est là qu’est établi le siège d’une société avec laquelle il paraît avoir des rapports étroits : Œschger, Mesdach et Cie, dénommée par la suite Œschger, Ghesquiere et Cie après le retrait de L. Mesdach. Elle exerçait ses activités industrielles en deux usines, l’une dans le Pas-de-Calais, à Biache Saint-Waast (ou Vaast), l’autre en Belgique, à Ougrée. Elle était spécialisée dans la fabrication de flans destinés à la frappe de monnaies ou jetons.

De 1868 à 1888 Brichaut est très actif. Il accepte la charge de bibliothécaire de 1870 à 1874. Il centralise, en France, certains paiements destinés à la Société. En rapport avec des graveurs-éditeurs, notamment Würden, il suscite la création de nombreux jetons. Il est aussi en rapport étroit avec un membre étranger déjà cité, Auguste Bieswal, établi à Bailleul, près de la frontière belge, très assidu aux séances de la Société et volontiers mécène. C’est Bieswal qui supporte la charge du jeton en argent remis à tous les participants de l’assemblée générale de Bruges le 12 mai 1878. Il fait de même en 1880 pour la médaille dédiée à Renier Chalon et qui célèbre simultanément le 39e anniversaire de la Société. Lorsque Brichaut fait frapper des jetons en cuivre qu’il distribue à une assemblée générale, Bieswal supporte le coût des exemplaires en argent. En 1881, Brichaut ouvre une souscription pour une médaille destinée à témoigner la reconnaissance des membres bénéficiaires de ces largesses (Cat. V, 2).

Mais Bieswal décède le 16 février 1885. Le 15 mai, Brichaut écrit au secrétaire, Georges Cumont : «Je désire conserver la bonne habitude prise par moi depuis plusieurs années de faire confectionner et d’offrir aux membres qui assistent aux séances de printemps, le jeton de présence. Seulement, pour les exemplaires en argent, la Société me les paiera, vu que M. Bieswal n’est plus là pour le faire».

L’activité de Brichaut au sein de la Société va toutefois se ralentir. Il n’offre plus de jeton en 1889 ni en 1890. Il en offre un dernier aux participants du Congrès de 1891. À l’assemblée générale de 1893, il est déclaré démissionnaire et on perd désormais sa trace. À vrai dire, toutes les facettes de ses activités n’avaient pas été identiquement appréciées. En collaboration notamment avec Würden, il avait imaginé des monnaies de fantaisie, parfois prises pour des vraies ...

Ce n’est pas par la distribution de jetons spécialement frappés pour une assemblée générale que Brichaut se montre, à l’origine, généreux. Ses fonctions de contrôleur des monnaies le mettaient à même de distribuer des exemplaires de monnaies nouvelles frappées à Bruxelles. Le 5 juillet 1868, il remet ainsi à ses confrères des exemplaires sur flan bruni d’une nouvelle pièce italienne d’un décime frappée à Bruxelles. Le 23 mai 1869, il distribue des médailles de la visite du chevalier de Britto, ministre du Brésil, à la Monnaie de Bruxelles et de la mort du jeune comte de Hainaut, outre des exemplaires de nouvelles monnaies de cuivre du Brésil frappées, elles aussi, à Bruxelles. À noter qu’à la même réunion, le président, au nom de M. Dirks, de Leeuwarden, membre honoraire de la Société, donne aux membres présents des pièces d’une trouvaille dite de Pingjum, ainsi que des exemplaires d’une notice sur ces monnaies, document que nous n’avons pas pu retrouver.

Le 5 juin 1870, à Ypres, Brichaut distribue des exemplaires de la nouvelle pièce égyptienne de 40 paras, elle aussi frappée à Bruxelles. Le 14 mai 1871, à Namur, il montre une pièce imitée des deniers de Charlemagne au monogramme cruciforme, dont il fait hommage à Louis De Coster. C’est une innovation, puisqu’il s’agit cette fois d’une pièce dont la frappe est due à l’initiative de Brichaut. Il ne paraît pas en avoir fait une distribution générale.

Le 17 mai 1874, à Liège, Brichaut distribue un jeton de jeu de la famille Hennequin, qui ne paraît pas avoir compté un numismate en son sein, mais bien un «ci-devant architecte-ingénieur qui délaissa le compas et l’équerre pour le théâtre…». Ce n’est pas le procès-verbal de la réunion qui nous l’apprend, mais Brichaut lui-même dans son article «Jetons de Numismates», paru dans la RBN de 1878, p. 44. Par contre, c’est le procès-verbal de la séance qui révèle que le président Renier Chalon a distribué à chacun des membres présents un jeton de cuivre au nom de M. Legras, associé étranger (Cat. V, 52).

C’est à Bruges, enfin, le 9 mai 1875, qu’est distribué pour la première fois une pièce qui doit rappeler le souvenir d’une assemblée de province. C’est un jeton de cuivre de 30 mm, aux armes de la ville, qui porte, au revers, une légende de circonstance. Le procès-verbal signale que ce jeton est donné par un confrère demeuré anonyme. Ce ne pouvait être que Brichaut.

Le 7 mai 1876, à Louvain, un autre jeton de cuivre rappelant l’assemblée est distribué. Le nom du donateur est cette fois mentionné : Brichaut. Mais ce jeton existe aussi en argent ; l’usage de ce métal fut, selon toutes probabilités, subsidié par Auguste Bieswal. La situation est la même pour le jeton de Maastricht, le 6 mai 1877, existant lui aussi en cuivre et en argent. Celui de Bruges, le 12 mai 1878, paraît, lui, n’exister qu’en argent ; il est dédié à Mgr de Béthune ; on voit à l’exergue du revers les armes de la ville de Bailleul, accostées des initiales du donateur : A B.

À Tournai, le 11 mai 1879, le jeton est frappé en l’honneur de Prosper Maillet ; il est réalisé en argent, en bronze et en similor. À Namur le 9 mai 1880, le jeton est aussi en argent et en bronze, mais il est de module réduit : 24 mm.

Le 15 mai 1881, la Société est reçue à Charleroi par la Société locale d’archéologie et de paléontologie qui fait remettre une petite médaille commémorative à chaque participant. De son côté, la SRNB remet au président de la société d’accueil «une médaille d’argent faite pour la circonstance», célébrant sa nomination comme chevalier de l’Ordre de Léopold.

Le 7 mai 1882, la Société est reçue à Lille par et dans les locaux de la Société des sciences, à l’initiative de M. Bieswal et de deux membres honoraires français, MM. Dancoisne et Van Hende. Une trentaine de personnes assistent à la séance. Plusieurs jetons en argent et en bronze furent réalisés à cette occasion, à l’intervention de Brichaut, mais on devine aisément que le mécénat de Bieswal fut certainement mis à contribution. La pièce la plus remarquable est un jeton en argent qui fut remis à chacun des participants «frappé à son nom», en réalité gravé.

Le 6 mai 1883, la Société se réunit à Liège. Brichaut distribue un jeton dédié à John West Wilson. La date «Liège le 6 mai 1883» permet de rattacher ce jeton à une activité de la Société. À Namur, le 11 mai 1884, Brichaut distribue un petit jeton d’argent, de 24mm, offert par Bieswal. À Tongres, le 10 mai 1885, c’est un jeton de 30 mm qu’il offre ; il est cette fois en nickel et porte la mention «Renier Chalon Président».

Brichaut offrira encore, seul après le décès de Bieswal, les jetons des assemblées de Louvain en 1886, Liège en 1887 et Gand en 1888. Mais il s’agit de pièces d’un type dérivé de la médaille du 39e anniversaire portant au droit l’effigie de Chalon par Würden, déjà mentionnée ci-avant. À une époque qui se situe entre juillet 1885 et juillet 1886, Brichaut adopte, en effet, une formule nouvelle à l’instar d’autres éditeurs : il réduit à 34mm le droit de la médaille de Würden. Il crée un nouveau revers au moyen de deux coins ; un coin de la dimension de la pièce, dont le centre est évidé et un coin central qui se glisse dans le vide. Le premier est d’usage permanent ; il présente une couronne entourée de la dénomination de la Société ; le coin central, lui, peut varier pour satisfaire à des fins multiples. Le procédé paraît avoir été utilisé pour la première fois pour le jeton de l’assemblée générale tenue à Louvain le 9 mai 1886. Il l’est à nouveau pour celle du 15 mai 1887 à Liège. Le revers sert aussi à la réunion du 13 mai 1888 à Gand, mais avec un autre droit, présentant les armes de la ville. Dans l’entre-temps, par ailleurs, comme on le verra plus loin, ce même ensemble est utilisé de manière intensive spécialement pour la fabrication de jetons personnels dans des conditions économiques.

Après le retrait de Brichaut, personne ne prend le relais et la frappe de jetons pour les assemblées générales de province prend fin en même temps que cessent les distributions généreuses, à quelques rares exceptions près. À Lille, en 1925, la Société numismatique du Nord de la France reçoit la Société belge ; elle fait frapper et offre aux participants une petite médaille. Les membres belges reçoivent en outre un petit jeton rappelant la chanson patoise « Le P’tit Quin-quin ». En 1936, Alphonse Mauquoy distribue une breloque qu’il a réalisée à la mémoire de la reine Astrid, décédée l’année précédente.

Le 14 juin 1970, à Diest, chacun des membres reçoit le jeton en bronze de la ville portant au revers une inscription se référant à l’événement.

Le 16 juin 1974, la Ville de Renaix offre sa plaquette portant, elle aussi, une inscription de circonstance gravée au revers. Mais il s’agit d’un exemplaire unique destiné à la Société et non plus à ses membres.

Enfin, quinze ans plus tard, à l’occasion des journées numismatiques organisées en juin 1989 à Charleville-Mézières conjointement par la Société française de numismatique, les Musées de Charleville-Mézières et la Société Royale de Numismatique de Belgique, l’Association Numismatique Ardennaise fit frapper une petite médaille commémorative qui ne fut pas distribuée mais pouvait être achetée.

PERSONALIA

Les témoignages métalliques qui gardent le souvenir des membres de la Société Royale de Numismatique de Belgique sont nombreux. Plusieurs ont déjà été mentionnés dans les pages qui précèdent : remise de la médaille de membre avec mention gravée appropriée, attribution du jeton, effigie adoptée pour un jeton d’assemblée générale statutaire ou une médaille de congrès ou d’anniversaire.

À côté de ces frappes officiellement assumées par la Société, on rencontre une multitude de pièces qui ont avec elle des liens plus ou moins proches. Leur diversité est considérable. Elle l’est déjà par la qualité; elles vont de la médaille de grand module exécutée avec soin par un médailleur de talent, à la piécette sans prétention esthétique aucune réalisée par un graveur demeuré inconnu.

Il en est en tous métaux, précieux ou communs. Souvent, un souci d’économie a incité à utiliser pour une face un coin préexistant se prêtant à de multiples usages. Les éditeurs en offrent à leur clientèle : figures symboliques, comme Minerve ou la Fortune, armoiries ou emblèmes de ville, comme le Saint-Michel bruxellois. Des frappes très différentes et éloignées dans le temps peuvent ainsi avoir parfois une face commune.

Une même diversité se retrouve dans la motivation à la base de ces frappes et dans leur origine.

En plus de ceux déjà mentionnés, d’autres hommages métalliques ont été rendus au sein même de la Société Royale, celle-ci adoptant le plus souvent une position de retrait. L’initiative vient d’une équipe de membres, parmi les dirigeants ou les plus influents. C’est cette équipe qui ouvre une souscription pour honorer un confrère. Cet effacement de la Société peut être inspiré par la prudence : ne pas faire peser sur elle le risque d’un éventuel insuccès.

La RBN n’a pas signalé ces initiatives avec régularité et, si les archives de la Société conservent les bulletins de certaines souscriptions, on ne les retrouve pas tous. D’autre part, la tradition s’était vite établie de remettre la médaille aux membres honorés au cours du banquet qui faisait suite à l’assemblée générale. Or, la RBN ne faisait que rarement écho à ces activités festives. Cet ensemble de circonstances fait que nos informations demeurent incomplètes.

La Société et ses dirigeants n’ont aucun monopole et des initiatives viennent de toutes parts : amis, disciples, associations belges ou étrangères.

Mais les frappes d’hommage sont loin d’être les seules. On rencontre nombre de médailles et surtout de jetons, fruits de l’initiative de celui dont l’effigie, le nom, le monogramme ou les armes apparaissent sur la pièce. Les motivations sont diverses : le désir de s’affirmer, parfois celui de faire à des amis un don qu’ils auront plaisir à ranger dans leur collection ; le jeton peut servir au jeu, commémorer un événement de la vie familiale ou professionnelle, présenter des vœux, célébrer un anniversaire ou, tout simplement, l’entrée dans la Société. Le jeton est presque toujours individuel. Il n’est qu’exceptionnellement commun aux membres d’une même famille.

Ces frappes ne sont pas une invention du XIXe siècle. On rencontre, sous l’ancien régime, des médailles commémorant des mariages, des anniversaires importants, des décès. Des jetons personnels étaient l’apanage de personnages influents. L’usage s’en était peut-être affaibli, mais il revient en force au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.

Auguste Brichaut, dont nous avons déjà relevé de multiples activités, a joué un rôle important dans son développement auprès des membres de la SRNB, belges et étrangers, suscitant des initiatives, prêtant ses bons offices pour la réalisation de la frappe, publiant dans la RBN une série d’articles sur les Jetons de Numismates. Il imagina une réalisation économique : le jeton au revers à coin central mobile déjà mentionné et utilisé aussi pour les assemblées de Louvain en 1886, de Liège en 1887 et de Gand en 1888. Tout membre peut ainsi, s’il le souhaite, passer à Brichaut commande d’un jeton qui porte au droit l’effigie du président de la Société et au revers, entouré de la dénomination sociale, le nom du membre et le rappel d’un événement, normalement sa date d’entrée dans la Société. Ces mentions sont frappées : il ne s’agit donc pas d’une gravure en creux, mais d’un texte en relief. Ces jetons furent réalisés en argent et en bronze à nombre limité. Une liste de treize jetons déjà créés a été publiée dans les Médailles historiques de Belgique (I, p. 175). Mais la publication dit elle-même que la série n’est pas terminée et l’on peut signaler au moins deux jetons supplémentaires, ceux d’Isaac Myer et de Désiré Van Bastelaer. D’autres découvertes ne sont pas exclues.

C’est le plus souvent à Würden que Brichaut fit appel pour la gravure des jetons. Il y faisait ajouter parfois la tête d’ange, ancien différent de la Monnaie de Bruxelles qui, dans son esprit, devait révéler clairement l’origine bruxelloise de la frappe.

Brichaut n’a nullement eu un monopole et certains membres ont fait appel à d’autres graveurs pour leurs souvenirs métalliques. Il n’empêche que lorsque après son établissement à Paris, Auguste Brichaut prend ses distances, la frappe des jetons individuels se ralentit. Entre les deux guerres, elle se trouve pratiquement arrêtée. On pouvait croire la mode définitivement passée. À tort.

Paul De Baeck (1911-1989) la fit revivre et eut lui-même l’un ou l’autre émule. Il créa annuellement un jeton à partir de 1970 jusqu’à son décès. Riche de vingt pièces, cet ensemble constitue peut-être le record de la frappe de jetons personnels par une personne privée.

Fallait-il automatiquement rattacher à l’histoire métallique de la Société tout ce qui a été réalisé en l’honneur de tous ses membres ou à leur initiative ? Ne fallait-il pas éviter des appropriations abusives ?

Les problèmes auxquels nous nous sommes vu confronté sont multiples.

Relevons d’abord le cas des membres d’honneur appartenant aux familles souveraines dont l’effigie apparaît non seulement sur des médailles souvent nombreuses, mais aussi sur des frappes monétaires.

Certains membres ont eu des activités importantes dans des domaines étrangers à la numismatique et ont été honorés à raison d’elles. Exemples : le Baron J.-B. Nothomb pour ses vingt-cinq années à la tête de la représentation diplomatique belge à Berlin, Gaston de Levai pour ses vingt-cinq années de barreau, Désiré Van Bastelaer pour ses activités à la tête de l’Union pharmaceutique de l’arrondissement de Charleroi et de la Société archéologique de cette ville. Les frappes relatives à ces activités ou anniversaires ne font pas la moindre allusion à la SRNB ni même à la numismatique en général.

La situation est similaire pour les frappes d’initiative personnelle. Elles célèbrent parfois des événements totalement étrangers à la numismatique : mariage, noces d’argent, noces d’or, ... Le baron Auguste Delbeke fait frapper une médaille à l’occasion du 25e anniversaire de son entrée au barreau d’Anvers. Gustave Vallier rappelle une excursion archéologique à l’île de Sein. Jules Charvet célèbre un repas fastueux au cours du siège de Paris.

Tant pour les frappes d’hommage que pour celles résultant d’initiatives personnelles s’ajoute un problème d’information : si l’on peut espérer retrouver la grande majorité des frappes relatives aux membres belges, il faut retenir que la Société a compté dans ses rangs plus de cent membres honoraires et plus de cinq cents correspondants étrangers. Nombre d’entre eux ont été honorés dans leur pays ou y ont pris l’initiative d’une frappe personnelle et très souvent l’écho n’en est jamais parvenu en Belgique.

Quel sort fallait-il faire aux pièces gravées ? On trouve dans le commerce des produits « passe-partout » pouvant servir à célébrer des événements divers, familiaux ou professionnels notamment. Une mention gravée personnalise le document. Semblablement, de nombreuses associations ont leur médaille qui présente, le plus souvent au revers, un champ lisse. C’est d’ailleurs le cas de la SRNB, dont la médaille de membre et le jeton d’hommage sont individualisés par la gravure. Il ne pouvait être question de mentionner les centaines de membres de la SRNB qui ont reçu la médaille gravée à leur nom. A fortiori, ne pouvait-on songer à citer les médailles que des membres de la Société ont pu recevoir à raison de leur appartenance à d’autres associations ou des fonctions qu’ils y ont exercées.

Que fallait-il dès lors retenir ? La solution de ces divers problèmes ne pouvait être que pragmatique. Nous avons écarté les légendes gravées qui ne rapportent qu’un événement mineur, les frappes relatives aux membres d’honneur des familles princières ou souveraines, car la SRNB ne peut s’approprier les hommages qui leur ont été rendus dans leur pays, ni, a fortiori, leurs frappes monétaires. Pour le surplus, nous avons retenu tout ce qui a un lien minimum avec le champ d’action de la SRNB, la Belgique. Ce qui nous a amené à publier tout ce qui a pu concerner les membres belges et, pour les étrangers, tout ce dont nous avons trouvé au moins un écho en Belgique, tout particulièrement une mention dans la RBN.

Certes, cela nous amène à publier des pièces qui n’ont que peu de rapport avec la numismatique. Nous les avons cependant retenues. Cela nous a déjà dispensé de rechercher des critères d’admission difficilement exempts d’arbitraire. Mais nous l’avons aussi fait parce que tous ces documents sont le reflet d’une époque, de mentalités, de traditions. Jetons et médailles ont joué dans les milieux aisés de la société un rôle qu’il ne serait pas justifié de laisser dans l’ombre. Le catalogue pourra peut-être un jour servir de base à une étude sociologique.

Enfin, pour éviter tout reproche d’appropriation abusive, nous avons classé dans une section séparée du catalogue et avec des mentions plus succinctes, les hommages rendus à des membres par d’autres associations, sans intervention aucune de la SRNB.

CATALOGUE

La bibliographie citée n’est pas exhaustive. Nous n’avons pas, notamment, jugé utile de faire référence à des listes d’œuvres de certains médailleurs ou à des catalogues d’exposition lorsqu’ils n’apportent aucune information complémentaire.

I. PIÈCES  OFFICIELLES  À  FONCTION  PERMANENTE

1.   Médaille de membre

2.   Jeton d’hommage

 

II. JETONS  DES  ASSEMBLÉES  GÉNÉRALES  ANNUELLES  STATUTAIRES  DE  LA  SOCIÉTÉ (par ordre chronologique)

1.   Hubertus Goltzius

2.   Théodore-Victor Van Berckel

3.   Frans van Mieris

4.   Comte Clément W. de Renesse Breidbach

5.   Gerard Van Loon

6.   Louis-Félicien-Joseph Caignart, baron de Saulcy

7.   Louis De Coster

8.   Vicomte Gustave de Ponton d’Amécourt

9.   Prince Baudouin

10. Pieter Otto van der Chijs

11. Olivier Vredius

12. Joachim Lelewel

13. Renier Chalon

14. Abbé Joseph Ghesquière

15. Victor Gaillard

16. Baron Jules de Chestret de Haneffe

17. Charles Piot

18. Camille Picqué

19. Docteur J. F. Dugniolle

20. Lieutenant-colonel Prosper Mailliet

21. Alphonse de Witte

22. Général Charles Cocheteux

23. Georges Cumont

III. ANNIVERSAIRES  ET  CONGRÈS (par ordre chronologique)

1.   1866 (25e anniversaire)

2.   1880 (39e anniversaire)

3.   1891 (50e anniversaire)

4.   1910 (Congrès international; 3 types différents)

5.   1966 (125e anniversaire; 2 types différents)

6.   1991 (150e anniversaire; 20-aine de types différents)

IV. AUTRES  ASSEMBLÉES  OU  ACTIVITÉS  DE  LA  SOCIÉTÉ (par ordre chronologique)

1.   Bruges – 1875

2.   Louvain – 1876

3.   Maastricht – 1877

4.   Bruges – 1878

5.   Tournai – 1879

6.   Namur – 1880

7.   Charleroi – 1881

8.   Lille – 1882 (2 types différents)

9.   Liège – 1883

10. Namur – 1884

11. Tongres – 1885

12. Louvain – 1886

13. Liège – 1887

14. Gand – 1888

15. Lille – 1925

16. Diest – 1970

17. Renaix – 1974

18. Charleville-Mézières – 1989

V. PERSONALIA (par ordre alphabétique)

1.   Begeer, Anthon

2.   Bieswal, Auguste

3.   Bom, Adrien

4.   Brichaut, Auguste

5.   Chalon, Renier (9 types différents)

6.   Charvet, Jules

7.   Cocheteux, Charles

8.   Colbert de Beaulieu, Jean-Baptiste

9.   Crepy, Max

10. Cumont, Georges

11. Dancoisne, Louis

12. De Baeck, Paul (une vingtaine de types différents)

13. Debay, Danièle

14. de Cort, Hugo (2 types différents)

15. De Coster, Louis (2 types différents)

16. de Dompierre de Chaufepié

17. de Jonghe, vicomte Baudouin

18. de Koehne, baron B.

19. Delbeke, baron Auguste (2 types différents)

20. de Leval, Gaston

21. de Liesville, Alfred (2 types différents)

22. De Man, Marie

23. De Munter, Victor

24. de Nahuys, comte Maurin (3 types différents)

25. de Roissart, Amédée

26. de Saulcy, baron Félicien Joseph Caignart)

27. de Saxe-Cobourg-Gotha, Prince Philippe, duc de Saxe (3 types différents)

28. De Schodt, Alphonse

29. Devreese, Godefroid (2 types différents)

30. De Wismes, Ad.

31. de Witte, Alphonse (3 types différents)

32. Dumoulin, Alexis (3 types différents)

33. Dupont, Marie-Louise

34. Durand, Anthony

35. Elsen, Jean

36. Elstrøm, Harry

37. Fisch, Paul

38. Grierson, Philip

39. Guioth, J.-L.

40. Hambye, Adolphe

41. Harvent, René

42. Herry de Cocquéau, François

43. Hoc, Marcel (2 types différents)

44. Huybrechts, Paul

45. Imhoof-Blumer, Friedrich

46. Jacques-Geffroy, Victor

47. Jacquiot, Josèphe

48. Lagerberg, chevalier Magnus (5 types différents)

49. Laugier, Joseph (3 types différents)

50. Le Catte, Auguste (2 types différents)

51. Lecointre-Dupont, Gabriel

52. Legras, Édouard

53. Lelewel, Joachim (6 types différents)

54. Lemaire, Victor

55. Le Roy, Max

56. Losseau, Léon

57. Lousteau, Gustave

58. Maillet, Prosper

59. Mayer van den Bergh, chevalier Fréd.

60. Mazerolle, Fernand

61. Mesdach de ter Kiele, Louis (2 types différents)

62. Meyer, Adolphe

63. Mignolet, André

64. Morel-Fatio, Arnould

65. Myer, Isaac

66. Naster, Paul

67. Nothomb, baron Jean-Baptiste

68. Oikonomidou, Mandou

69. Renucci, Michel

70. Roest, Theodorus Martinus

71. Sabatier, Justin

72. Snoilsky, comte Charles (2 types différents)

73. Somers-Tytgat, Francine

74. Stiernstedt, baron Aug. Wilh.

75. Surmont de Volsberghe, baron Henri (3 types différents)

76. Vallier, Gustave (3 types différents)

77. Van Bastelaer, Désiré (5 types différents)

78. Vanden Broeck, Édouard (4 types différents)

79. Vanden Peereboom, Alphonse (3 types différents)

80. Vander Auwera, Jean (2 types différents)

81. Vander Auwera, Jean-Pierre

82. van der Beken, Charles

83. van Dijk van Matenesse, P. J. (2 types différents)

84. van Heesch, Johan

85. Van Hende, Edouard (2 types différents)

86. Veyrat, Adrien Hippolyte

87. Visart de Bocarmé, comte Albert

88. Weiller, Raymond

89. Wilson, John West

 

 

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